Mercredi 7 septembre 2005
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Les traditions
La famille, le clan, l'honneur
Forgées par des années de conflits et d'invasions, les traditions et la famille sont en Corse le ciment de la société.
La famille
C'est la structure fondamentale de la société insulaire, héritée directement de son histoire. Devant les menaces permanentes vécues au cours des siècles, la famille a constitué l'élément de base de la cohérence sociale. Elle prend ici une dimension presque "tribale", englobant parents et enfants, grands-parents et petits-enfants. La maison est l'élément symbolique de ce lien fondateur. Aussi les héritiers sont-ils réticents à sortir de l'indivision, soucieux de maintenir intact le symbole de ce lien, même si la société moderne tend à distendre les rapports étroits qui réunissent les membres d'une même famille. La naissance et la mort demeurent les grands évènements au monent desquels le groupe retrouve son unité.
Le clan : force politique et électorale
Aujourd'hui, on lui associe souvent la notion "nationalisme" ; pourtant le clan n'est pas un phénomène contemporain, ni spécifiquement insulaire. Il est lui aussi ancré dans l'histoire de la Corse. Selon l'historien Jean-Marie Arrighi, le phénomène de clan s'est constitué avec la Révolution française : "Les Corses ont été rattachés à un Etat où l'acte politique essentiel était le vote", et la conséquence l'élection. Il devenait donc important pour la Corse de figurer parmi ces forces de décision et de constituer pour le pouvoir central un interlocuteur valable. La faible démographie de l'île et sa fragilité économique ont favorisé le phénomène. Forme élargie de la famille, le clan représente un ensemble d'individus appartenant à un même groupe d'intérêt, à une même communauté. Souvent, il est en rapport avec l'identité d'un lieu ou d'un village. Ainsi s'affirme la solidarité et l'intégration de l'individu à un groupe. Le "lieu de vie" est important pour les Corses : qu'ils habitent ou non au pays, ils y reviennent, c'est le berceau de la famille, le lieu où l'on est né, où l'on serra enterré.
La vendetta
"Colomba" est présente dans tous les esprits et ce roman a immortalisé l'image d'un Corse prompt à venger l'honneur de sa famille. Au-delà de ces traits forcés que l'on a poussé presque jusqu'à la caricature, honneur et vendetta sont intimement liés et ne peuvent se comprendre si l'on oublie l'appartenance médeterranéenne et l'histoire d'un peuple qui, de tout temps, a subi le joug d'envahisseurs successifs. Refusant ces mainmises sur leur île, les Corses n'ont jamais reconnu les lois et les institutions du colonisateur. N'estimant aucune autorité supérieure légitime, le Corse a souvent fait justice lui-même. Au-delà des conséquences extrêmes et de règlements de compte parfois sanglants, la vente et l'achat de maisons ou de terrains se sont longtemps faits sur parole, en l'absence de tout acte de propriété.
L'honneur
Comme pour beaucoup de peuples méditerranéens, l'honneur en Corse est une valeur fondamentale. Il a son code et ses règles. Là encore, l'histoire et la physionomie du pays ont forgé le caractère de l'habitant. Dans cette société où le rôle de l'homme est prépondérant, l'honneur est l'un de ses attributs. Il se traduit par une recherche de préséance, une nécessité d'être reconnu par l'autre à son juste niveau. Ces valeurs, émoussées au fil au fil du temps, ne se traduisent plus aujourd'hui par des vendettas et autres vengeances qui se perpétuaient de génération en génération. Pourtant, un fait demeure : le Corse est fier de son pays, de sa culture, et il exprime toujours une grande réticence lorsque l'on tente de lui imposer une quelconque loi. Au-delà du trait de caractère, c'est une défiance naturelle née de siècles d'invasions.
Les bandits corses
Le 8 novembre 1931, 640 gardes mobiles, des automitrailleuses et des ambulances investissaient la Corse occidentale, dont Vico et Guagno, pour procéder à une opération d'épuration du banditisme. Dans les villages occupés, le couvre-feu est décrété, près de cent personnes sont arrêtées et la presse parisienne envoie ses correspondants de guerre. Les dernières exécutions capitales intervenues en 1934 et 1935, mettront un point final à l'époque des "bandits corses" sous la IIIème République.
Tiadore Poli : bandit corse et roi de la montagne
C'est l'un des plus célèbres bandits corses. Né à Guagno sous Charles X, c'est par hasard qu'il devint hors-la-loi, en refusant le tirage au sort qui l'avait désigné pour faire son service militaire. Emprisonné, il s'évade. Retranché dans la montagne, il bénéficie de l'appui de la population qui voit en lui un défenseur de l'indépendance. Il se fait nommer "roi de la montagne", avec droit de vie et de mort sur ses sujets, obligeant les notables à lui payer un impôt. Il est tué dans un guet-apens en 1827.
(Source : Guides Bleus)
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