Mercredi 17 août 2005
3
17
/08
/Août
/2005
00:00
Costumes, mobiliers et objets du quotidien
Longtemps la Corse ne fut perçue qu'à travers les récits et les descriptions faits par les géographes grecs Strabon ou Diodore de Sicile. Hermétique et repliée sur elle-même, la société Corse restait dans son ensemble, à travers ses rites, ses traditions et ses habitudes de vie autarcique, largement méconnue.
Une île méconnue
Ce n'est réellement qu'au XVIIIème siècle que la Corse fait l'objet d'un inventaire systématique de sa faune, de sa flore et de son patrimoine architectural. Le plan Terrier, première carte exacte et détaillée de l'île réalisée par triangulation, donne sa véritable physionomie à la Corse. Au XIXème siècle, Prosper Mérimée redécouvre le patrimoine mégalithique et l'art roman, ainsi que les chants traditionnels et les coutumes. Peu à peu, toute une culture sort de l'ombre.
Le vêtement : image d'une société
Longtemps l'image symbolique du costume corse fut celle de la silhouette d'une femme vêtue d'une longue robe noire. Elle n'est en fait qu'une caricature. Le vêtement corse traditionnel est fait d'une grande diversité de couleurs et de matières variant en fonction de l'appartenance à une pieve. Le bleu était la couleur du deuil ; le noir ne fut introduit qu'au XIXème siècle, à une époque où la bourgeoise du continent était un modèle de bon goût. La robe noire symbolisait alors l'image de la respectabilité qu'immortalisera Prosper Mérimée dans son personnage de Colomba. Dans certaines régions, comme dans le Niolo, les femmes tissaient des draps de laine pour y fabriquer les vêtements. Chacun de ces gestes faisait partie d'une tradition ancestrale.
Meubles et mobiliers
Dans ce milieu de montagne, l'île a tiré de son sol aride et de son sous-sol toutes les subsistances nécessaires à sa survie. Il reste de cette activité rurale un grand nombre de vestiges souvent en ruine : des moulins, des bergeries, des fours. Chacun d'entre eux était un élément indispensable à la survie de cette économie. Basée essentiellement sur des activités artisanales et agricoles, la société insulaire a créé des outils à la mesure de ses besoins. Ainsi, les bergers taillaient-ils dans du bois leurs louches et leurs cuillère ou tressaient-ils leurs faisselles avec du jonc. La maison traditionnelle corse dispose de peu de meubles. Dans la pièce principale, celle de l'hospitalité et de la sociabilité, un banc, un coffre en bois à haut dossier (le bancale), fait face au foyer (fucone) et sert de lit aux hommes célibataires. Quelques billots de bois faisaient office de sièges avant l'apparition au début du XXème siècle des premières chaises paillées. L'évier, au début simple conque de terre, est peu à peu iremplacé par un évier rectangulaire en pierre taillée. Accrochée au mur, la sechja, de bois ou de cuivre, sert au transport de l'eau. On l'a remplit avec le tavaru, une louche en fer à long manche. Le pétrin ou maria, en châtaignier, fait partie du mobilier traditionnel. Les coffres (cascione) servent à ranger les objets. Les chambres sont constituées du lit, parfois une simple planche posée sur des tréteaux, recouverte d'une paillasse remplie de feuilles, et d'une malle (baugliu), qui permet de ranger le linge et les papiers.
Le musée de la Corse à Corte
A la citadelle
Ouvert du 22 juin au 20 septembre, tous les jours de 10 h à 19h45. D'Avril au 21 juin et du 21 septembre à fin octobre, tous les jours sauf lundi et 1er mai de 10 h à 17 h 45. De novembre à mars de 10 h à 17 h 45 sauf les dimanches, lundis et jours fériés.
Abandonnés depuis plus d'un demi-siècle et parfois même oubliés, ces modes de vie, ces coutumes et ces savoir-faire transmis de père en fils furent peu à peu redécouverts, à partir notamment des travaux réalisés par le Révérand Père Doazan dans les années 1950, alors qu'il était professeur de sciences naturelles au petit séminaire d'Ajaccio. Une grande partie de cette quête minutieuse des racines de la Corse traditionnelle forme le fond du musée de la Corse de Corte. Loin d'un regard figé sur un monde disparu, les propos muséographique vise avant tout à appréhender ce passé pour comprendre le présent. Les collections d'objets traditionnels (près de 3 500 pièces) sont ici replacés dans un contexte ethnographique et voisinent avec des témoignagent de l'essor industriel et touristique de la Corse contemporaine. Ouvert depuis juin 1997 dans l'ancienne caserne Serrurier, le musée de la Corse apparaît comme la synthèse de l'évolution d'un pays aux multiples visages.
(Source : Guides Bleus)
Votre avis ...