Mercredi 17 août 2005
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L'habitat rural
"Tre case et un fornu" Trois cases et un four. Un dicton populaire résume ainsi l'habitat insulaire, qui est traditionnellement constitué d'un ensemble de maisons, symbole de l'unité d'un groupe et de la cellule familiale.
Un habitat groupé
Les villages corses sont à l'image de l'âme de ce pays. Une apparence austère et sauvage, secrète et retranchée. Ornant les crètes, blotti au fond des vallées, étagé sur le flanc d'une montagne, le village s'est adapté au terrain, épousant ses formes jusqu'à s'y fondre. Adoptant la montagne par nécessité, les Corses y ont forgé leur âme. Les rigueurs du climat, la crainte des invasions et la pauvreté endémique de ce monde rural ont engendré tout naturellement la nécessité d'y vivre groupé, d'y créer une vie collective centrée sur la famille, le groupe ou le clan. Ces caractéristiques de la société corse se lisent dans l'architecture traditionnelle. Cachée ou au contraire établie en citadelle, la construction rurale répond davantage à des codes précis d'organisation sociale qu'à un souci d'esthétisme. Cet habitat groupé, constitué majoritairement de hautes et solides maisons blotties les unes contre les autres, correspond à des règles de vie précises et codifiées. Il est souvent le résultat progressif d'un accroissement familial. Agrandie, surélevée, la maison se démultiplie, d'autres sont annexées, pour former un ensemble qui devient l'unité de base de l'espace villageois. Des parties communes telles un four, un lavoir et une fontaine permettent une autonomie minimum. Les rues et les ruelles se fraient d'étroits passages entre les constructions.
La maison : un lieu codifié et symbolique
Au-delà de ses murs et de son architecture, la maison est pour le Corse le corps symbolique du groupe familial, et la poutre faitière en est la véritable colonne vertébrale, pas plus de 70 à 80 m², elle s'élève sur plusieurs niveaux, pouvant aller jusqu'à cinq. Son architecture diffère peu d'un bout à l'autre de l'île. Seuls les matériaux servant à la construction marquent l'appartenance à une région. On utilise le schiste dans le centre de l'île, le granit dans le sud et la calcaire dans la région de Saint-Florent et de Bonifacio. D'apparence austère avec de hauts murs dépourvus d'ornementation, la maison a la double vocation de lieu de travail et de lieu de vie. Elle s'organise autour d'une pièce centrale, la pièce commune, dans laquelle est installé le foyer ou fucone. C'est le lieu de réception et la seule pièce dans laquelle on reçoit l'étranger. Les chambres ne sont visitées que lors des décès et des naissances.
Une homogénéité sociale
Les marques ostentatoires de richesse et d'aisance ne sont pas l'apanage de l'architecture rurale insulaire. En effet, l'aisance d'une famille se traduit davantage par la taille de la maison et le nombre de membres qui peuvent y vivre. La maison forte, dotée de mâchicoulis, est souvent placée au centre du village, à l'endroit le plus élevé. Elle marque la prééminence d'une famille et son rôle de protection sur le reste de la communauté. Ce n'est qu'à partir du XVIIIème siècle et surtout au XIXème siècle que les maisons de notables vont s'enrichir, se doter de larges ouvertures et de corniches sculptées, tandis que le jardin d'agrément va remplacer le potager. Les meilleurs exemples en sont ces "maisons des Américains", disséminées dans le Cap Corse.
(Source : Guides Bleus)
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