Vendredi 12 août 2005
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Rivières, torrents et lacs
Sillonnée de multiples cours d'eau, de torrents, de lacs et de rivières, la montagne corse s'est trouvée sculptée au fil de son histoire par cette activité hydraulique intense. Par rapport à sa surface, la Corse a une alimentation en eau qui atteint presque le double de celle du Bassin parisien et l'emporte sur celle du Massif central. Les principaux fleuves ont creusé leur haute plaine : le Taravo, la gouttière de Zicavo ; le Prunelli, la cuvette de Bastelica ; le Porto, la châtaigneraie d'Evisa et les gorges de la Spelunca ; le Golo, le plus long fleuve de l'île, creuse la conque de Niolo (15 km de long et 10 km de large), s'élevant en amples versants jusqu'aux sommets du Cinto, du Tozzo et de la Punta Artica.
Une grande diversité végétale
La forte altitude et la diversité des sols morcellent le pays en paliers aux caractères et à la végétation particuliers. Les plaines littorales, en dessous de 200 m, couvrent 30% du pays avec 261 000 ha. La moyenne montagne, la plus vaste, entre 200 et 1 000 m, représente la Corse typique, associant un paysage aride de roches dénudées à un dense manteau végétal. La haute montagne ne représente que 19% du territoire, mais c'est la plus originale, celle qui fait la spécificité de l'île dans le monde insulaire méditerranéen, avec ses réserves hydrauliques et ses forêts. Séparée du continent avant le quaternaire, la Corse renferme un grand nombre d'espèces endémiques : 121 espèces ou sous-espèces de plantes sauvages ne se trouvent nulle part ailleurs dans le monde, on les dit "endémiques corses". La plus remarquable est sans conteste le pin laricio, très abondant à partir de 1 000 m et jusqu'à 1 600 m d'altitude, où il forme, autour du massif du Cinto par exemple, de splendides forêts. Au-delà, à l'étage de haute montagne, la végétation n'est constituée que de fourrés bas ou d'arbrisseaux nains. L'influence de l'homme pendant des siècles a profondément modifié cette répartition, avec l'introduction notamment de fruitiers à des altitudes exceptionnelles. Dans le Niolo, on trouve, depuis le XIXe siècle, de la vigne à 800 m d'altitude. Sur les versants sud, le pommier et le cerisier fleurissent à presque 1 000 m. La Corse présente également une grande richesse de plantes à fleurs et de fougères.
Un lieu de randonnée et de sport de glisse
Pendant des siècles, la montage fut pour l'homme à la fois un obstacle et un refuge. Elle a imposé à cette civilisation agro-pastorale la rudesse de son climat, l'aridité de ses sols et le cloisonnement de ses vallées. La montagne, qui a engendré la pauvreté du pays et la difficulté d'y survivre, est aujourd'hui un fabuleux patrimoine naturel et touristique. Les anciens sentiers de transhumance sont devenus des chemins de randonnée pour des promeneurs avides de découvrir une nature sauvage et belle. L'un d'entre eux, le GR 20, en est sans conteste le fleuron. Les barrières rocheuses et les crêtes longtemps inaccessibles offrent la verticalité de leurs parois aux alpinistes et aux adeptes de l'escalade. Les neiges des hauts sommets deviennent de vastes domaines skiables où peuvent être pratiqués le ski de randonnée, le ski de fond et le ski alpin.
La Corse, terre de hauts sommets
Malgré sa faible superficie (8 680 km²), la Corse compte plus de quarante sommets qui culminent à plus de 2 000 m. Parmi eux, le Monte Cinto (2 716 m), mais aussi le Monte Padro (2 392 m), le Monte Rotondo (2 622 m), le Monte d'Oro (2 389 m), le Monte Renoso (2 352 m) et l'incudine (2 128 m).
Les pozzines
A proximité des sources, des torrents ou des lacs, ces endroits dont le nom vient de l'association du mot corse pozzu ou puits et du mot alpine, ressemblent à s'y méprendre à des tourbières et constituent les vestiges de lacs glaciaires. Ce milieu humide abrite un faune et une flore d'une grande richesse comme des écrevisses ou des plantes carnivores.
Une terre de bergers
L'économie pastorale a été pendant des siècles l'activité principale de cette terre et même si, aujourd'hui, les bergers ne sont plus aussi nombreux, le Niolo en a conservé les traces à travers les bergeries et refuges que l'on découvre au détour d'anciens chemins. Confrontée aux problèmes de désertification, la région voit se dessiner pour elle une nouvelle vocation portée par l'extraordinaire richesse de son environnement. Parcouru de sentiers, et parsemé de refuges, le Niolo est devenu le lieu d'élection d'un tourisme sportif, avide de nature et de lieux sauvages.
Les troupeaux de chèvres se sont adaptés au relief de l'île et vont dans les lieux les plus inattendus. Animal fétiche de l'île, le mouflon parcourt en hardes les grands espaces que protège le Parc naturel régional.
(Source : Guides Bleus)
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