Dimanche 24 juillet 2005
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Le statut corse
L’identité de la Corse est née de son passé douloureux et de son insularité. La société corse conserve, à travers les siècles et au-delà de son histoire, le sentiment profond d’appartenir avant tout à cette terre rude qui a marqué sa destinée.
Un sentiment indentitaire
Pise d’abord, Gênes ensuite, les Français enfin, l’histoire et les invasions successives ont naturellement fait naître en Corse un profond sentiment identitaire caractérisé notamment par une volonté d’opposition à tout pouvoir et une méfiance vis-à-vis des étrangers. C’est dans ce contexte que s’élaborent les rapports souvent chaotiques entre l’île et le continent.
Une île dépeuplée
Le déficit de population est en Corse une donnée constante. Ses 260 000 habitants en font l’île la moins peuplée de la Méditerranée. C’est le département français qui affiche la plus faible densité démographique. Cette " désertification " n’a pas été sans conséquences sur le développement économique de l’île, qui reste à bien des égards attachée à un certain archaïsme. Région essentiellement rurale et confrontée à un problème d’enclavement dû à son relief montagneux, la Corse fut tenue à l’écart des grandes mutations économiques de la fin du XIXe siècle. La chute des revenus des produits agricoles et les conflits mondiaux ont considérablement érodé la population, qui s’est massivement exilée. Le mouvement s’est inversé depuis les années 1960.
L’intégration à la France
Réalisée non sans heurts en 1768, celle-ci sera régulièrement remise en cause. Pourtant, l’intégration se réalise peu à peu. Tout d’abord à travers les élites : 30 généraux ou maréchaux corses ont servi la République ou l’Empire. En 1934, on estime que 20% du personnel administratif français colonial est d’origine corse, un pourcentage qui atteint les 50% dans certains pays. Cependant, cette adhésion à la France est confrontée à la persistance de la culture locale et au souvenir d’une histoire qui n’est pas " gauloise ". La question corse, maintes fois posée, reste sous-jacente et resurgit à la moindre crise.
Naissance des mouvements nationalistes
A partir de 1973, de nouvelles contestations voient le jour, d’abord contre les boues toxiques déversées par la compagnie italienne Montedison au large de Bastia, puis contre les grandes spéculations foncières menées par les banques ou les multinationales qui veulent urbaniser une partie du littoral. Tous ces événements provoquent l’émergence de mouvements nationalistes comme l’Action Régionaliste Corse (ARC) et le Front Régional Corse (FRC), des entités de plus en plus radicales qui contesteront la politique de clientélisme menée par l’Etat. Leur impact se stigmatise lors des événements d’Aléria, en 1975. Cette montée des mouvements nationalistes évolue vers une " corsitude " rigide et clandestine, qui trouvera sa concrétisation avec la création du Front de Libération National de la Corse (FLNC) (officiellement dissous en 1983) et l’intensification de la lutte armée. Au-delà de ces mouvements extrémistes qui n’emportent pas l’adhésion de l’ensemble des Corses, l’île souffre d’un sous-développement qui paralyse toute expansion économique et la maintient dans un état de pauvreté et de dépendance vis-à-vis du continent.
Valorisation de la Corse
Depuis des décennies, divers plans de valorisation de l’économie insulaire se sont succédé . Des sociétés d’économie mixte comme la SETCO et la SOMIVAC ont été créées pour valoriser les terres de la côte orientale et développer son activité touristique. Parallèlement, l’Etat tend à réviser le statut de l’île, qui est soumise par la loi de 1982 à un régime particulier qui confère à l’Assemblée de Corse des pouvoirs étendus. Le manque d’accompagnement financier et l’instabilité politique insulaire verront ces espoirs déçus. La loi de 1991 qui crée la Collectivité territoriale de Corse accroît les transferts de compétence et de responsabilité de l’Etat dans les domaines du développement économique, social et culturel. En 1998, l’assassinat du préfet Erignac crée une crise qui va mener en juillet 2000 à la signature des Accords Matignon.
(Source : Les Guides Bleus)
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