Le temps des invasions
Les premières civilisations porteusent de l'écriture abordent en Corse au VIème siècle avant J.-C. Elles rencontrent un monde archaïque resté à l'écart des échanges commerciaux, qui ont engendré ailleurs la prospérité d'un grand nombre de cités du monde méditerranéen.
La colonisation grecque
L'hellénisation de la Corse appartient à la légende avec l'apparition d'Ulysse pénétrant dans le port de Bonifacio. Elle conserve de cette conquête son nom : "kalliste", la plus belle. En 565, les Grecs de Phocée, en Asie Mineure, fuyant la domination des Perses, fondent le premier comptoir d'Alalia, transformé en 540, en colonie de peuplement. Situé à l'embouchure navigable de la rivière du Tavignano, sur une butte dominant la plaine alluviale, ce site portuaire va commercer, entre les VIe et IIIe siècles, avec les cités de l'Italie mériodionale, d'Espagne, de Gaule et du monde étrusque. Les sépultures, les céramiques et autres mobiliers funéraire retrouvés à ce jour dans la nécropole pré-romaine d'Alalia témoignent de l'importance des échanges avec le reste du monde méditerranéen. Les écrits gréco-romains de Polybe, Strabon ou Ptolémée témoignent de la nature sauvage de l'île, de la densité de son massif forestier aux essences multiples et de la richesse de ses matières premières.
La Corse est à l'époque faiblement peuplée, à peine quelques dizaines de milliers de Corsi dont la langue, selon Diodore de Sicile, était "étrange et difficile à comprendre". Ce peuple pastoral des Corsi vivait retranché, au rythme alterné des déplacements entre plaine et montagne, entre estivage et hivernage.
Aléria la romaine
Après avoir repoussé les attaques des Etrusques et des Puniques en 535, Alalia ne résistera pas, en 259, aux légions romaines du consul Publius Cornelius Scipio. Rome s'installe en Corse et, après plus de deux siècles de luttes, en devient le maître. Les campagnes, dépeuplées, sont mises à sac. La résistance des Corsi fait l'objet de représailles. Le peuple est envoyé en esclavage. Rapidement, la domination de Rome s'affirme sur tous les points de l'île et la Corse, rattachée à la Sardaigne, devient une province romaine. Cette romanisation s'inscrit dans la société et l'urbanisme. De nouvelles villes sont créées : Mariana, au sud de Bastia, fondée vers 100 avant J.-C. ; au sud, Aléria, construite sur les ruines d'Alalia. L'une et l'autre deviennent des centres actifs de romanisation.
Les premières églises
Après plusieurs siècles de présence romaine, la Corse entre dans l'ère de la christianisation avec l'arrivée des premiers missionnaires. Dès le IVe siècle, un premier réseau d'églises se constitue. Principalement situés en milieu urbain ou sur les zones littorales, ces premiers édifices témoignent de la présence de groupes épiscopaux à Ajaccio, Aléria, Mariana, Nebbio et Sagone. L'île a ses saints et ses martyrs (sainte Dévote, sainte Julie, saint Restitute), qui vont être l'objet d'une grande dévotion populaire durant des siècles.
Barbares, Vandales et Sarrasins
La chute de l'Empire romain entraîne dans son sillage une vague d'invasions successives. En 465, les Vandales, après avoir détruit Aléria et Mariana, se rendent maîtres de l'île ; ils seront chassés, près d'un siècle plus tard, par l'empereur byzantin. La Corse est alors dépeuplée, dévastée et réduite à l'autarcie. L'économie et les infrastructures romaines sont réduites à néant. Soumise aux invasions permanentes, la population s'exile ou se retranche dans les montagnes et retourne à la vie archaïque d'une agriculture basée sur la simple autosuffisance. Le littoral est abandonné, laissé à l'ensablement et à la malaria.
L'époque pisane
Pendant presque 600 ans, la Corse va vivre sous le joug d'envahisseurs successifs. Cette longue période prendra fin au XIe siècle, lorsque le pape Grégoire VII confie l'administration de la Corse à l'évêque de Pise. Dès lors, les Pisans vont reprendre et réaménager l'oeuvre de christianisation entreprise aux temps paléochrétiens. Des cathédrales sont reconstruites sur le littoral, des chapelles et des églises font renaître les paroisses rurales.
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