Jeudi 11 août 2005
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La montagne
Néé d'accidents géologiques qui ont créé son insularité, la Corse conserve les cicatrices des ruptures topographiques qui opposent moyenne et haute montagne, vallées profondes, cirques grandioses et gorges impressionnantes. La montagne est au coeur de l'île, partout la masse de ses sommets s'impose au regard, découpant le paysage et barrant l'horizon de ses crêtes.
Une diversité géologique
A l'origine, il y a quelques centaines de millions d'années, la Corse et la Sardaigne formaient un seul ensemble relié au continent au niveau des Pyrénées et des Alpes. L'île offre une surprenante variété de reliefs pour une surface aussi réduite et présente pratiquement tous les types de formation géologique. La Corse est déformée par les mouvements qui se sont succédé jusqu'au quaternaire, ont exalté la partie centrale de l'île, formant un massif montagneux dont la ligne de crête culmine au Monte Cinto à 2 716 m, affaissé le nord pour former la plaine de Balagne, maintenu le sud à des altitudes plus modestes et rompu les continuités avec la Sardaigne et la côte toscane. L'île est divisée en trois régions d'âges et de structures différents. A l'ouest, des terres anciennes, généralement cristallines, qui ont donné naissance aux sommets les plus élevés de la Corse, de hautes montagnes, proches de la mer, qui ont découpé le littoral d'à-pics vertigineux ou de golfes profonds (Porto ou Valinco). A l'est, des schistes tourmentés, plissés, dont le relief moins élevé s'étend du cap Corse à la région de la Castagniccia. Au centre, une zone de faible altitude (600 m) relie ces deux Corses montagneuses et délimite les deux régions historiques que sont l'Au-Delà et l'En-Deçà-des-Monts.
Richesse minérale et beauté des roches
Cette alchimie géologique a fait naître une richesse minérale qui donne à la Corse la grandeur de ses paysages et la variété de leurs couleurs. La violence de la tectonique et du climat met en valeur le roc ou l'escarpement. Creusée par l'érosion, la roche prend des formes tourmentées, les tafoni se font sculptures minérales aux profils inquiétants. En plus des formes s'ajoute le jeu des couleurs : on relève toutes les nuances du granit, du gris ou rose ; granulites et porphyres se parent de gris-vert renforcent la magie des paysages du cap Corse. A l'extrême sud, Bonifacio et ses puissantes falaises de calcaire confirment l'extraordinaire diversité des paysages de la Corse.
Un climat régulé
Grâce à la montagne, la Corse se charge de paradoxes. Alors que la mer lui offre un climat méditerranéen, la montagne modère les températures et constitue en été une réserve de fraîcheur. La mer charge d'humidité les vents qui assaillent le relief corse. Les hautes sommets jouent un rôle d'écran, accrochent les pluies et font de la Corse une île verte à la pluviométrie exceptionnelle. L'ensemble de l'île enregistre en effet, avec 900 mm d'eau par an, une pluviométrie supérieure à la moyenne générale de la France ; une moyenne qui doit être modulée en fonction des vents, dont le relief aggrave ou retient la puissance. Alors que dans les altitudes moyennes elle peut s'élever à 1 200 mm et même 1 600 mm, la moyenne d'Ajaccio est de 720 mm, celle de Bastia de 982 mm, pour n'atteindre à Bonifacio que 560 mm. Ces différences saisonnières et climatiques s'inscrivent dans les différents étages du manteau végétal du relief corse.
Torrents, lacs et rivières
Aux multiples lacs glaciaires disséminés au creux des reliefs s'ajoutent d'innombrables rivières et torrents qui font de cette montagne un véritable chateau d'eau. La Corse abrite un grand nombre de sources thermales connues et réputées depuis l'Antiquité. Ainsi, on trouve des eaux sulfureuses comme celles de Pietrapola, Guagno ou Baracci et des eaux ferrugineuses comme celles d'Orezza.
(Source : Guides Bleus)
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